Accompagner les organisations face à la surcharge mentale et décisionnelle avec Humans Matter
Et si la robustesse des entreprises dépendait d’abord de la bonne santé de notre cognition ?
On parle d’engagement, de compétences, de leadership, de transformation.
Mais une dimension reste encore largement invisible dans les organisations : la qualité de nos capacités cognitives.
Or derrière chaque décision stratégique, chaque recrutement, chaque arbitrage managérial, il y a un cerveau qui traite de l’information, qui filtre, qui priorise, qui régule des émotions.
Surcharge informationnelle, interruptions permanentes, injonction à décider vite et souvent… : les environnements de travail actuels sollicitent intensément nos ressources cognitives, parfois jusqu’à l’épuisement. Avec un impact direct sur la qualité des décisions, la performance collective et la santé mentale.
C’est précisément sur ce terrain exigeant que s’engage Humans Matter.
Nous avons souhaité donner la parole à Sandrine Bélier et Isabelle Mala pour explorer un sujet encore trop peu adressé : pourquoi la cognition est aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour les DRH, les recruteurs et les dirigeants et comment la rendre enfin visible, et lui donner les meilleures conditions pour agir ?
Bonjour Sandrine, Isabelle, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre rôle chez Humans Matter ?
Sandrine Bélier : Je suis directrice associée chez Humans Matter. Docteur en psychologie cognitive, je m’intéresse depuis plus de 25 ans au fonctionnement du cerveau humain, pour comprendre comment il apprend, décide, interagit, et traduire ces connaissances scientifiques en dispositifs concrets pour répondre aux enjeux des entreprises : diagnostics, parcours de développement, conditions de travail favorables, méthodes de prise de décision.
Isabelle Mala : En tant que directrice marketing et communication, une de mes missions chez Humans Matter est justement de faire connaître et de rendre lisible cette expertise scientifique auprès des DRH et des dirigeants. Mon travail consiste à mettre en lumière pourquoi ces sujets, souvent perçus comme théoriques, sont en réalité très concrets et structurants au quotidien.
Est-ce que tu peux nous expliquer, Sandrine, ce qu’est la cognition et les capacités cognitives ?
Sandrine : La cognition désigne des mécanismes internes qui rendent possibles nos pensées et nos actions.
Notre cognition est à la base des comportements observables du quotidien. Les principales fonctions cognitives sont :
- l’attention, indispensable pour se concentrer
- la mémoire, au cœur de notre identité, de l’apprentissage et de la transmission
- le langage, pour comprendre, s’exprimer, coopérer, et donner du sens
- les fonctions exécutives, qui permettent de planifier, analyser, décider, réguler ses comportements
- les fonctions visuo-spatiales, pour percevoir, se situer dans l’environnement, mais aussi manipuler mentalement de l’information pour raisonner et se projeter
Pourquoi le sujet des capacités cognitives est un sujet encore largement sous-estimé par les entreprises ?
Sandrine : Les capacités cognitives sont mobilisées en permanence au travail, mais elles restent largement invisibles tant qu’elles fonctionnent. Le focus est davantage fait sur les comportements observables en sortie. On commence surtout à en parler quand elles saturent ou dysfonctionnent : fatigue mentale, difficultés de concentration, erreurs de jugement, perte de clarté dans les décisions.
Si la cognition est peu appréhendée en tant que telle et de façon directe en entreprise, c’est parce que la performance a plutôt été pensée en termes de compétences, d’engagement ou de motivation, qu’en termes de conditions favorables à la cognition, pourtant nécessaires à tout apprentissage, décision éclairée, et coopération
La plupart de nos environnements de travail contemporains ont évolué, hélas pas toujours dans le bon sens pour notre cognition qui s’en trouve souvent très challengée : surcharge informationnelle, interruptions permanentes, injonction au changement continu,… Notre cerveau n’est pas vraiment adapté à ce type d’environnements, même s’il s’adapte malgré tout, avec toutefois des répercussions à la clef.
Prendre soin de la cognition, c’est donc s’intéresser à ce qui conditionne, en premier lieu, la qualité du travail, des décisions, des interactions. C’est donc plus un enjeu organisationnel qu’individuel.
Isabelle : On a l’habitude d’aborder le sujet des capacités cognitives lorsqu’elles se dégradent : fatigue, erreurs, décisions qui se fragilisent.
Chez Humans Matter, nous aidons les entreprises à concevoir, mais aussi à déployer des organisations du travail qui respectent et soutiennent la cognition humaine.
Qu’est-ce qui, aujourd’hui, dégrade le plus la cognition des collaborateurs/trices ?
Sandrine : Quand on questionne directement les collaborateurs/trices, en plus du caractère incertain et anxiogène du monde dans lequel nous vivons (situations écologique, géopolitique, sociale…), les facteurs suivants sont ceux qu’ils citent comme délétères pour leur cognition :
La surcharge informationnelle
Trop de mails, trop de canaux de communication, trop d’informations. Le cerveau humain n’est pas conçu pour traiter ce volume sans coût cognitif associé et sentiment de saturation exacerbé.
La captation permanente de l’attention
Notifications multiples, interruptions, multitâche. Ces désengagements attentionnels fréquents ont un coût notable vis-à-vis de la réalisation de nos objectifs/tâches principaux. Cette alternance de tâches a un coût cognitif réel, qui est complètement sous-estimé.
En plus de cela, des études récentes montrent également qu’avec l’arrivée des nouvelles technologies comme l’IA générative, s’opère une forme d’externalisation cognitive excessive qui n’est pas sans conséquence. Cette utilisation passive de l’IA et délégation massive de nos capacités cognitives à l’IA affaibliraient ainsi la concentration, la mémorisation, la pensée critique, la lecture,… tout en dégradant le sentiment d’être auteur du travail produit.
Isabelle : Ce qui est important à comprendre, c’est que cette fragilité cognitive ne relève pas d’une fragilité individuelle mais d’une responsabilité organisationnelle des entreprises. Elle est produite par des choix d’organisation, de système, de process et d’outils. Se questionner et rendre visibles ces facteurs délétères, c’est déjà un premier pas pour les entreprises.
En quoi ces enjeux concernent-ils directement les DRH et les recruteurs ?
Sandrine : Ces enjeux concernent bien entendu tous les humains. Mais les RH sont, – plus que tout autre collaborateur, – au cœur des décisions stratégiques des entreprises et de leur déploiement, avec de grandes conséquences de leurs choix, de leurs décisions sur le devenir des collaborateurs et de l’organisation dans laquelle ils travaillent. Recruter, évaluer, développer les compétences des collaborateurs, accompagner une transformation ou gérer des situations sensibles… demandent une grande qualité d’attention, d’analyse et de discernement.
Il y a donc d’autant plus d’enjeux pour ces fonctions à décider dans des environnements favorables à leur cognition, pour éviter que des facteurs humains (biais cognitifs, émotions, manque d’attention,…) viennent les biaiser et engendrer des erreurs.
Ces enjeux concernent aussi directement les RH parce qu’ils ont une vraie possibilité et marge de manœuvre pour faire évoluer une culture d’entreprise, les process, l’organisation du travail, les normes organisationnelles afin qu’ils soient plus favorables à la cognition humaine, permettant à tous et chacun des collaborateurs de mobiliser le meilleur de leurs capacités cognitives.
Prendre soin de la cognition, pour les RH, c’est sécuriser la qualité des décisions humaines, à tous les niveaux de l’organisation, et soutenir des pratiques plus durables.
Isabelle : Les RH, comme les dirigeants, portent des décisions humaines à fort impact, dans des environnements de plus en plus complexes, où toutes les actions reposent avant tout sur la qualité du discernement humain. Et ce discernement dépend directement des conditions cognitives dans lesquelles ces décisions sont prises.
Dans ce contexte de cognition malmenée, comment Humans Matter accompagne concrètement les entreprises ?
Sandrine : Une étape intéressante consiste à rendre visible l’invisible, à prendre conscience de ses propres capacités cognitives.
Il est très difficile d’auto-évaluer objectivement son attention, sa mémoire, ses capacités de raisonnement. D’où l’intérêt de diagnostics cognitifs objectifs, plus étendus que les tests de QI, et qui, contrairement à des questionnaires (de personnalité par exemple), ne dépendent pas du discours déclaratif de l’évalué.
Nous intervenons à plusieurs niveaux avec :
- des tests cognitifs pour objectiver les capacités attentionnelles, de raisonnement ou encore de mémoire
- des dispositifs d’évaluation du potentiel avec des mises en situation permettant d’évaluer les comportements en action, notamment dans des contextes de recrutement ou de mobilité. En effet, comme nous l’avons vu, nous ne sommes pas que des cerveaux pensants; ce cerveau est incarné dans un corps et en interaction constante avec son environnement. De cela va dépendre la mobilisation ou non de nos capacités cognitives.
- des parcours de développement des compétences
La science est infusée dans nos approches ainsi que dans la mesure d’impact que nous proposons pour évaluer l’effet les effets de nos dispositifs dans la durée.
Isabelle : Notre quotidien chez Humans Matter est d’accompagner le changement dans les façons d’agir, d’apprendre et de décider. Notre approche est de nous appuyer sur :
- Le questionnement à contre pied : pour déplacer les évidences et sortir de modèles qui ne sont plus opérants.
- Les sciences cognitives : pour comprendre comment les individus et les collectifs fonctionnent réellement, et pourquoi certaines pratiques finissent par épuiser la cognition.
- Le design : pour transformer ces connaissances en dispositifs concrets, adaptés aux contextes et besoins spécifiques
Cette combinaison nous permet de provoquer une bascule durable des comportements, des organisations comme des collectifs ou des individus.
Un message clé à faire passer aux DRH et recruteurs ?
Sandrine : La cognition n’est pas un sujet périphérique. C’est un enjeu majeur et une véritable responsabilité des organisations.
Les entreprises qui feront la différence en contribuant à la qualité du monde de demain, à une Terre habitable seront celles qui auront mis au cœur de leur stratégie le “Prendre soin de la cognition”, à la base des décisions éclairées, des interactions de qualité et de la coopération et collaboration.
Isabelle : Rendre la cognition visible, mesurable et actionnable pour en prendre soin est aujourd’hui un levier stratégique pour sécuriser les décisions et la robustesse des organisations.
Pour celles et ceux qui découvrent Humans Matter, qui êtes-vous ?
Sandrine : Humans Matter est une entreprise pionnière du design cognitif. Créée en 2000, elle compte aujourd’hui une équipe d’environ 80 personnes, réparties entre 3 bureaux à Paris, Lyon et Grenoble. Nous aidons de grandes organisations, entreprises, individus à se transformer, en accompagnant les enjeux d’évaluation du potentiel, de développement des compétences et bascule des comportements pour un monde durable.
Isabelle : Chez Humans Matter, nous sommes convaincus que la transformation des organisations ne peut plus reposer uniquement sur des injonctions au changement ou sur des modèles conçus pour des environnements stables.
Notre ambition est d’aider les organisations, dans ce nouvel environnement instable, à faire évoluer durablement leurs façons d’agir, d’apprendre et de décider.
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